Nous, le premier one man show de Martin Perizzolo

Mardi soir avait lieu au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts le tout premier one man show de Martin Perizzolo intitulé Nous.

D’entrée de jeu, l’humoriste a demandé au public s’il le connaissait pour son rôle dans les Beaux Malaises, pour Benoît dans les publicités des Fromages d’ici ou encore pour Poudy de l’émission L’Gros Show et a affirmé qu’il ne ferait pas de jeux de mots erronés toute la soirée.

Dans son spectacle de 90 minutes présenté sans entracte, Martin parle, entre autres, de son expérience à l’émission Expédition extrême animée par Francis Bouillon, des rôles de tata qu’on lui a offert à la télévision, de la beauté, de son rapport amour-haine avec la mode, de la technologie, de la surconsommation, de la nutrition et de l’évolution de la race humaine.

Dans un décor minimalisme aux allures d’aquarium, l’humoriste raconte tout le contexte entourant son pétage de coche à Expédition Extrême alors qu’il n’avait pas dormi depuis 40 heures, pas mangé depuis 24 heures, était assoiffé et déshydraté en plus de ne pas comprendre où s’en allait l’émission. On lui avait pourtant vendu le concept comme étant basé sur une histoire vraie où il aurait eu à faire face à des choix et ensuite on aurait comparé ses décisions à celles du cas réel, mais ce fût tout autrement. Il a dû reconstituer le séjour d’Andrew Chen, perdu en forêt durant plus de 48 heures. Celui-ci a souffert d’hypothermie, a dû traverser des montagnes, marcher dans des rivières et boire sa propre urine pour survivre. Présenté comme ça, c’est sûr que l’humoriste aurait décliné l’offre et ainsi éviter d’avoir l’air hystérique à la télévision.

Il a aussi parlé du fait qu’il est conscient de l’image qu’il dégage, ce qui lui a valu quelques rôles de tata. L’humoriste a d’ailleurs demandé à deux spectateurs du public de se prêter au jeu et leur a attribué un casting. Yvon, jeune retraité, aurait pu jouer des capitaines de bateau tandis que Mélanie, étudiante en technologie d’affaires aurait facilement pu jouer les secrétaires en raison de ses lunettes ou les fausses laides de films d’adolescents.

Ensuite, il a affirmé que de nos jours il n’y a plus beaucoup de laids, car ils ont plus de ressources et sont plus créatifs. L’homme préfère d’ailleurs les gens moins beaux qui
« rock leur shit qu’aux corps de magazines et aux faces de Publi-Sac. »

Martin a aussi avoué qu’il influençait la mode; dès qu’il met quelque chose, ce n’est plus à la mode. Il parle aussi du concept de ramener des éléments d’une autre époque, mais en changeant une subtilité comme la grosseur des lignes ou l’ajout d’une poche.

Après, il a parlé de la technologie en illustrant son propos avec la guerre entre les cassettes bêta et les cassettes VHS et de son énorme télé qu’il a eue pendant 20 ans, mais qu’il refusait de changer uniquement parce qu’elle n’était pas tendance. Tout ça a amené la thématique de l’absurdité de la consommation.

Martin a mentionné qu’en regardant son neveu manger des patates sourires, ça lui avait fait réaliser qu’en trois générations seulement nous étions passés d’un extrême à l’autre. Son père, qui a été touché par la Seconde Guerre mondiale, ne mangeait pas du tout à sa faim, lui a été élevé avec la phrase : Si tu ne manges pas tes brocolis, il y a quelqu’un qui va mourir en Afrique et son neveu ne mange pas si ce n’est pas amusant. Il a aussi parlé de la salade mesclun, des chips sel et vinaigre, de son désir de manger moins de viande et du tofu. Cela l’a ensuite amené à parler de l’évolution de l’homme qui au fil du temps perd ses dents de sagesse, car elles ne lui sont plus utiles. Il croit également que les humains du futur vont avoir des longs doigts minces comme des aiguilles à tricoter et qu’ils vont finir par avoir le dos courbé à force d’être penché sur leurs téléphones.

Martin a terminé la soirée avec un sujet un peu plus sérieux; le consentement. Il rappelle aux hommes quelques règles de conduite à adopter.

Avec Nous, Martin Perizzolo amène des sujets de tous genres avec simplicité et sans artifices. Le public aura attendu longtemps pour venir voir son spectacle, lui qui est sorti de l’École nationale de l’humour en 1995, mais cela lui aura permis d’avoir un plus grand bagage et ainsi offrir quelque chose qui lui ressemble.

Le spectacle Nous sera en tournée dans plusieurs villes du Québec et au Théâtre St-Denis le 17 mars 2018, pour plus d’informations, rendez-vous au www.perizz.com.

 

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