Évangéline : la légende acadienne prend vie à Montréal

Évangéline, une comédie musicale qui met en scène qui relate l’histoire acadienne, un pan essentiel de notre passé collectif, bien avant la naissance du Canada moderne. Évangéline met en lumière l’histoire  des Acadiens au XVIIIᵉ siècle, dans une fresque folklorique et émotive portée par des artistes remarquables et des décors majestueux.

Une fresque historique émotive

Présentée à la Place des Arts, Évangéline plonge le public au cœur du Grand Dérangement, un épisode fondateur de l’histoire acadienne. La production réussit le pari de mêler légende et réalité historique, offrant une expérience scénique profondément humaine et émotive.

La musique d’inspiration folklorique, composée par Steve Marin, soutient des textes à la fois grandioses et touchants. Chaque mélodie accompagne les personnages dans leurs exils, leurs espoirs et leurs pertes, donnant au spectacle une profondeur rare. La direction musicale et orchestrale, assurée par Yvan Cassar, renforce l’intensité dramatique des scènes et sublime l’émotion des interprètes.

Des interprètes qui captivent

Le récit prend vie grâce à des acteurs pleinement investis. Maude Cyr-Deschênes, artiste acadienne, incarne Évangéline avec une authenticité et une puissance bouleversantes. Sa voix et sa présence scénique captivent le public du début à la fin.

Olivier Dion donne corps à Gabriel, un amoureux courageux et tendre, tandis que Matthieu Lévesque interprète Baptiste Leblanc avec humour et sensibilité. Raphaël Butler, dans le rôle de Beausoleil, dégage une énergie qui marque chaque scène. Laurent Lucas, en Père Félix, apporte gravité et humanité, tandis que Nathalie Simard, dans le rôle de Sœur Marguerite, captive le public. Lors de son solo, la salle s’est levée pour une ovation prolongée, des applaudissements nourris qui semblaient ne jamais vouloir s’éteindre.

Une fin qui laisse sans voix

La conclusion du spectacle reste l’un des moments les plus saisissants. À la mort de Gabriel, le silence s’installe dans la salle, suspendu, comme si le public peinait à accepter la tragédie. Ce n’est qu’au retour des artistes pour la présentation finale que les applaudissements éclatent, révélant l’intensité émotionnelle qui a traversé toute la représentation.

Une œuvre qui marquera l’histoire

Malgré un léger bémol technique — certaines paroles étaient parfois difficiles à percevoir face à la puissance de l’orchestre — Évangéline s’impose comme une comédie musicale majeure. Elle s’inscrit déjà parmi les grandes réussites culturelles québécoises et acadiennes, appelée à se hisser aux côtés de productions emblématiques telles que Notre-Dame de Paris.

Une fresque puissante, nécessaire et profondément émouvante, qui redonne vie à l’histoire et aux légendes de notre pays, et qui restera gravée dans la mémoire des spectateurs pour longtemps.

 

Le spectacle musical Évangéline est à l’affiche à la Place des Arts de Montréal jusqu’à dimanche. Par la suite, la production poursuivra sa route avec des arrêts prévus à Québec, Trois-Rivières et Moncton au cours des prochains mois. Pour vous procurer des billets, cliquez ici!