Laurent Paquin et Jean-luc Lemoine s’engagent pour conscientiser le public au gala Vidéotron Juste Engagé

Première représentation d’une série de quatre du Gala Juste Engagé, hier soir à la Place des Arts de Montréal. C’est Laurent Paquin et Jean-Luc Lemoine, animateurs du gala, qui ouvrent le bal soulignant la disparité de leur duo en abordant au passage l’homosexualité. Comparant aussi la France toujours prête à manifester et à se tenir debout au Québec plus « pantouflard » qui préfère « brasser de la marde » virtuellement; « Beaucoup plus facile de manifester derrière son écran en bobettes en mangeant des Doritos. »  Le ton du gala est lancé : rire de tout, aborder tous les sujets sans donner de leçon. Assurés de la solidité de l’animation, on découvre avec surprise les humoristes invités un à un.

C’est le duo Dominic et Martin les premiers invités. Toujours très complices dans leur séance de bitchage, ils ont eux-aussi voulu conscientiser …avec d’une part, des jokes de gros et d’autre part, un questionnement sur les handicapés. Dominic qui se place lui-même dans le dernier groupe est désopilant lorsqu’il insiste qu’il devrait avoir des privilèges pour son œil en moins. « Ce sont ceux qui ont leur pleine motricité, toutes leurs capacités qui devraient s’adapter » philosophe l’humoriste qui aimerait que tous les automobilistes roulent à droite pour lui. « Moi mon angle mort, criss qu’yé mort. »

Puis, Coup de cœur pour le volubile Fabien Cloutier qui est venu s’adresser au public de ce gala qui « paie 75$ pour se « branler l’intellect » et se sentir engagés », avec un éloquent et hilarant discours sur les inégalités de Dieu. Pour Illustrer ses propos, l’humoriste relate, entre autres, la pauvre existence programmée d’un poisson laite qui mange de la merde d’hippopotame.

 

Au tour de Mélanie Couture (qui présente également son spectacle 60 minutes de pure Couture dans le cadre du Zoofest) de venir conscientiser. La belle de 40 ans qui ne fait pas du tout son âge commence par dévoiler son truc : « remplir les rides par dedans …avec du gras ». Directe et assumée, l’humoriste vient demander aux « mononc’ cochons de se calmer » en comparant Trump au mononc’ Rémi qui dans les partys de Noël, t’accueillait avec un « Tu commences à avoir des petits totons ». Elle réclame au passage le droit de pouvoir manger une banane en public sans se faire dévisager.

Roman Frayssinet est quant à lui venu parler de l’organe migrateur des hommes en clamant qu’il n’y a rien de plus laid que des testicules. « Voir un homme nu courir, ça fait mal à l’enfance. » Il arrachera ensuite de gros rires sincères avec une montée de lait bien sentie sur les documentaires animaliers, précisément sur la pieuvre qui « avec son intelligence remarquable est capable d’ouvrir un pot de confiture… en dix minutes. »

Anthony Kavanagh se joint ensuite aux animateurs de la soirée pour un sketch sur les manifestations et les convictions. Même si l’humoriste serait prêt à coucher avec Mère Teresa pour sauver la planète… et guérir l’herpès, il en faudra plus pour convaincre Jean-Luc Lemoine de coucher avec Marine Le Pen.

Puis, c’est avec un numéro sur l’éducation que François Massicotte vient s’insurger sur les exhaustives listes d’effets scolaires à acheter, les restrictions pour les lunchs de ses enfants, les apprentissages faits à l’école et les devoirs. Papa de 5 enfants, Massicotte aborde brillamment ces sujets qui font partie de son quotidien. « Mes enfants fréquentent l’école publique…Ben oui j’en ai 5 et je ne fais plus de publicités Spongies, alors go au public. » Il questionne l’utilité des 3 vedettes associées aux écoles publiques : Un architecte, Pierre Lavoie et Ricardo. « Je ne veux pas que mes enfants sachent faire un carpaccio, je veux qu’ils soient capables de l’écrire. » L’humoriste termine en clamant haut et fort qu’on devrait prendre les millions qui ont servi à éclairer le pont et les envoyer au ministère de l’éducation.

« S’engager c’est réfléchir et commenter la société dans laquelle tu vis. Il faut que tu sois funny, funny, pas trop moralisatrice. » déclare Virginie Fortin, invitée sur le gala. « On meurt tous à la fin, c’est rassurant » ajoute-t-elle constatant que la société est « de la marde ». Elle se met alors dans la peau d’une « fémi-nazi » et envoie les hommes dans un camp de concentration (bernés par un autobus Budweiser et la promesse d’un manoir) avant de les bannir de l’école. Son discours : sortir les hommes de la société.  « Imaginez si un homme tenait de tels propos envers les femmes… Il ne serait pas humoriste, il serait président des États-Unis. »

Jean-François Mercier vient alors décrocher la première ovation debout de la soirée avec un numéro sur les faits alternatifs vs les mensonges. Il commence en affirmant « Couillard n’a pas de trou de cul, c’est pour ça qu’il est plein de marde… En fait, il en a 26, son conseil des ministres. » Il illustre bien ce que sont des faits alternatifs en les qualifiant de vérités pour Trump soulignant l’épisode de son investiture et des propos de Sean Spicer. Fidèle à lui-même avec son franc parler et son humour décapant, Mercier fait rire et réfléchir.

Dernier invité et non le moindre, c’est le talentueux Emmanuel Bilodeau qui vient présenter le numéro classique « engagé » du 35e anniversaire de JPR. Avec son populaire numéro de 2011, adapté et bien ficelé, Bilodeau vient parler de l’avenir du Québec alors que le monde est contrôlé par de charismatiques psychopathes. Avec comme mentor de l’humour Jean-François Lisée, l’humoriste verbalise un discours à la nation sur un ton inénarrable. « Qui sommes-nous les québécois? »  « Je suis fatigué de disparaître à petit feu, je suis Canadian tired. » Ovation debout et complète jusqu’au 3e balcon pour Emmanuel Bilodeau qui a livré son numéro sans faille.  Ovation amplement méritée. Bravo!

 

Voulant terminer le gala engagé de façon à marquer l’histoire comme le 11 septembre ou la naissance de Céline, Laurent et Jean-Luc déblatère sur les moyens d’y parvenir avant d’opter pour Humoristes sans frontière; Rire pour changer le monde. C’est avec une chanson louche sur les airs de Cabrel et accompagnés d’un chœur que les humoristes ont clos le gala. « Tant qu’à mourir aussi bien mourir de rire. »  On questionne encore l’utilité et l’efficacité de la chanson, mais ouvrez l’œil, car vous pourrez apercevoir un sosie de Pascale Bussière dans le chœur, ce qui vous décrochera un sourire.

 

** Grande Déception face à l’absence de Guillaume Wagner à la présentation de 18h30, celui-ci étant annoncé à la programmation, mais chanceux vous êtes puisque le très drôle et très engagé humoriste sera de la partie pour les prochaines présentations.  Bon gala!

 

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